Descartes et surtout Kant ont délié le sujet ou la conscience en faisant voir que je en saurais saisir aucune chose comme existante si d’abord je en m’éprouvais existant dans l’acte de la saisir, ils ont fait paraître la conscience, l’absolue certitude de moi pour moi, comme la condition sans laquelle il n’y aurait rien du tout et l’acte de liaison comme le fondement du lié. Sans doute l’acte de liaison n’est rien sans le spectacle du monde qu’il lie, l’unité de la conscience, chez Kant, est exactement contemporaine de l’unité du monde, et chez Descartes le doute méthodique en nous fait rien perdre puisque le monde entier, au moins à titre d’expérience notre, est réintégré au Cogito, certain avec lui, et affecté seulement de l’indice “pensée de”. Mais les relations du sujet et du monde en sont pas rigoureusement bilatérales: si elles l’étalent, la certitude du monde serait d’emblée, chez Descartes, donnée avec celle du Cogito et Kant en parlerait pas de “renversement copernicien”. L’analyse réflexive, à partir de notre expérience du monde, remonte au sujet comme à une condition de possibilité distincte d’elle et fait voir la synthèse universelle comme ce sans quoi il n’y aurait pas de monde. Dans cette mesure, elle cesse d’adhérer à notre expérience, elle substitue à un compte-.rendu une reconstruction. On comprend par là que Husserl ait pu reprocher à Kant un  “psychologisme des facultés de l’âme”  et opposer, à une analyse noétique qui fait reposer le monde sur l’activité synthétique du sujet, sa “réflexion noématique” qui demeure dans l’objet et en explicite l’unité primordiale au lieu de l’engendrer.

Le monde est là avant toute analyse que je puisse en faire et il serait artificiel de le faire dériver d’une série de synthèses qui relieraient les sensations, puis les aspects perspectifs de l’objet, alors que les unes et les autres sont justement des produits de l’analyse et en doivent pas être réalisés avant elle. L’analyse réflexive croit suivre en sens inverse le chemin d’une constitution préalable et rejoindre dans “l’homme intérieur” comme dit saint Augustin, un pouvoir constituant lui a toujours été lui. Ainsi la réflexion s’emporte elle-même et se replace dans une subjectivité invulnérable, en deçà de l’être et du temps ..Mais c’est là une naïveté, ou, si l’on préfère, une réflexion incomplète qui perd conscience de son propre commencement. J’ai commencé de réfléchir, ma réflexion est réflexion sur un irréfléchi, elle en peut pas s’ignorer elle-même comme événement, dès lors elle s’apparaît comme une véritable création, comme un changement de structure de la conscience, et il lui appartient de reconnaître en deçà de ses propres opérations le monde qui est donné au sujet parce que le sujet est donné à lui- même. Le réel est à décrire, et non pas à construire ou à constituer. Cela veut dire que je en peux pas assimiler la perception aux synthèses qui sont de l’ordre du jugement, des actes ou de la prédication. A chaque moment mon champ perceptif est rempli de reflets, de craquements, d’impressions tactiles fugaces que je suis hors d’état de relier précisément au contexte perçu et que cependant je place d’emblée dans le monde, sans les confondre jamais avec mes rêveries. A chaque instant aussi je rêve autour des choses j’imagine des objets ou des personnes dont la présence ici n’est pas incompatible avec le contexte, et pourtant ils en se melent pas au monde, ils sont en avant du monde Sur le téâtre de l’imagrnaire. Si. La réalité de ma perception n’etais fondee que sur la coherence intrinsèque des “représentations”, elle deorait être toujours hésitante et livré à mes conjectures probables, je devrais à chaque moment defaire des synthèses illusoires et réintégrer au réel des phenomenes aberrants que J’en aurais d’abord exclus Il n’en est rien. Le réel est un tissu solide il n’attend pas nos jugements pour s’annexer les phénomènes les plus surprenants ni pour rejeter nos lmaginations les plus vraisemblables.. La perception n’est pas une science du monde ce n’est pas même un acte, une prise de position délibérée, ‘elle est le fond sur lequel tous les actes se détachent et elle est présupposée par eux. Le monde n’est pas un objet dont je possede par devers moi la loi de constitution il est le milieu naturel et le champ de toutes mes pensées et de toutes mes perceptions explicites. La vérité n’ “habite” pas seulement 1′ “homme intérieur” ou plutôt il n’y a pas d’homme intérieur, l’homme est a’u monde c’est dans le monde qu’il se connaît. Quand je reviens à moi à partir du dogmatisme du sens commun ou du dogmatisme de la science, Je trouve non pas un foyer de vérité intrinsèque, mars un sujet voué au monde.